Foire aux questions

Cette page regroupe les réponses aux questions les plus fréquentes sur la culture et l’entretien des palmiers. Chaque réponse s’appuie sur des conseils d’experts et retours d’expérience de cultivateurs passionnés.

Rusticité et résistance au froid

  • Aucun palmier n’est vraiment à l’abri du gel ?

    Aucun palmier n’est exempt de risque de gel. Cela tient à l’origine géographique de ces végétaux. En France, nous ne faisons que tenter de les acclimater. Toutefois, certains gèlent à des températures plus basses que d’autres.

    Concernant le sud-ouest de la France, vous pourrez sans risque planter Trachycarpus fortunei (encore vendu en jardinerie sous son ancien nom de de Chamaerops excelsa), palmier courant au prix raisonnable. Rhapidophyllum hystrix est réputé encore plus résistant. Mais plus rare, il est aussi plus cher. Chamaerops humilis est également parmi les palmiers assez résistants chez nous et courant en jardinerie. Mais il s’agit d’un petit palmier. Si vous souhaitez, avec un peu plus de risque, tenter des acclimatations, essayez Phoenix canariensis (très courant et très peu cher), Washingtonia filifera ou robusta, Butia capitata, Brahea armata ou edulis, Sabal minor ou Sabal palmetto, Jubaea chilensis (certainement très résistant mais encore rare et cher).

    Bonne culture.

  • Peut-on planter des palmiers dans le Nord, en Alsace ou en région parisienne ?

    Des palmiers en Alsace ! Je me plains parfois de ne pas être dans une contrée dont les gels soient totalement absents… Ici, il gèle rarement en dessous de – 5°. Seulement des années très exceptionnelles. Par contre, vous, vous avez l’avantage d’avoir des étés très chauds. Ce qui permet d’obtenir une pousse importante des palmiers.

    Pour être franc, je pense que même les Trachycarpus auront besoin, chez vous, d’une protection hivernale, du sol mais aussi du bourgeon terminal. Vous trouverez dans le livre de Patrice Fauchier que je présente sur mon site une présentation claire des différentes techniques de protection hivernale. Même si je pense qu’il reste encore des choses à inventer dans ce domaine. Quant à constituer une collection de palmiers plus rares, je pense que compte-tenu de leur valeur et de la lenteur de leur croissance, il serait plus raisonnable de l’envisager en conteneurs. De simples poubelles de 80 litres constituent par exemple des conteneurs peu onéreux dans lesquels un certain nombre d’espèces sont en mesure d’atteindre un développement intéressant. Bien, sûr, cela suppose que l’on dispose d’un endroit pour les abriter en hiver.

    Je vous souhaite bon courage.

  • Comment protéger un Trachycarpus fortunei pour l’hiver ?

    Le Trachycarpus était en pot. S’il a été transplanté sans que les racines ne soient lésées, il est possible de le laisser en terre. Les racines ne se développeront qu’après l’hiver, lorsque la terre se réchauffera suffisamment.

    Lorsque le Trachycarpus subit des vents forts et fréquents, il perd sa belle allure car les palmes sont alors abimées. S’il faut choisir, il est préférable de l’abriter du vent, car il s’accommode d’une exposition moins ensoleillée.

    Il n’est par contre pas nécessaire de le protéger de la pluie. Il est normal que les extrémités des palmes retombent un peu. Cela est plus ou moins important selon l’origine du palmier.

    Ici dans l’ouest, les Trachycarpus subissent sans dommages les pluies assez fortes que nous avons les jours de tempête. Par contre, ils craignent d’être exposés à ces vents très forts.

    Bonne culture.

  • Peut-on planter un palmier dans la région de Reims ou en Champagne ?

    Compte-tenu de la localisation, de leur multiplication spontanée et de votre photo, je pense qu’il s’agit de Trachycarpus fortunei. Le “tronc” (stipe) des “parents” devait dans ce cas être entouré d’une espèce de fibre marron, et les palmes avoir la forme d’un éventail. Mais il faut savoir que les feuilles séminales (les premières, celles qui n’ont pas encore la forme de palmes) se ressemblent beaucoup d’une espèce à l’autre. Par contre si la graine était encore reliée au plant, sa forme pourrait nous aider. Assez ronde chez le Trachycarpus malgré un petit sillon, et assez noire.

    Même s’il s’agit de Trachycarpus, très résistants, il ne sera pas question à Reims de les placer en pleine terre. Par contre ils pourront pousser en bac. L’idéal pour avoir de beaux sujets est de les placer à l’extérieur, mais de les rentrer pendant les mois de gel, de préférence dans un lieu hors gel mais non chauffé (Il faut penser que si un Trachycarpus supporte certains gels en pleine terre, il n’accepte pas que sa “terre” et ses racines gèlent ; et cela peut se produire par des gels modérés mais durables). Lorsque vous voudrez les rempoter au début de l’été prochain (la terre doit être chaude), réalisez un mélange de terreau, terre végétale et sable de rivière. Ainsi vous aurez un substrat bien drainant qui évitera les accumulations d’eau dans le pot. En revanche, il faudra, en extérieur, veiller aux arrosages, en particulier par fortes chaleurs ou vents desséchants.

    Voilà. Je souhaite longue vie à vos palmiers.

Arrosage et fertilisation

  • Quel engrais utiliser pour les palmiers, et à quelle dose ?

    C’est la proportion 3.1.3 qui compte. Car cela permet d’être sûr de ne pas saturer le palmier en phosphore, ce qui lui causerait des dommages. Par contre pour la quantité d’engrais à apporter, il faut s’inspirer des quantités indiquées par le fabricant, mais surtout tenir compte de la situation. Y a-t-il des “lessivages” (fortes pluies en pleine terre, arrosages très copieux en été). En conteneur, il faut réduire un peu les quantités car ce lessivage est souvent moins important. Par contre , le palmier n’ayant pas la possibilité d’aller chercher plus loin ce dont il a besoin, la fertilisation est dans ce cas indispensable, à moins de rempoter très régulièrement dans un substrat riche. Attention dans tous les cas aux excès d’engrais. Le but ne doit pas être de “pousser” le palmier, mais seulement de lui apporter tout ce dont il a besoin pour croître harmonieusement. Et la première démarche est de toujours rempoter dans un substrat de bonne qualité incluant terreau mais aussi terre végétale, voire fumier totalement décomposé (celui vendu en sac dans les jardineries, pas le frais qui brûlerait les racines) et sable pour le drainage. Concernant les quantités d’engrais à apporter, commencez par le minimum. Si le palmier va bien, c’est que cela est suffisant.

    Bonne fertilisation.

  • Mon Phoenix en pot se dessèche malgré l’arrosage — que faire ?

    Concernant le Phoenix dont les palmes extérieures sèchent , il faut penser que compte-tenu de la chaleur dont vous me parlez, un palmier a, contrairement à une idée reçue, besoin de beaucoup d’eau. N’oublions pas que les palmiers de type Phoenix sont des palmiers que l’on va trouver dans les oasis, c’est-à-dire là où leurs racines vont être en mesure d’atteindre une nappe phréatique. Donc n’hésitez pas à arroser votre palmier copieusement en été. La motte ne doit jamais sécher. En hiver, cela sera un autre problème.

    Une seconde raison peut expliquer le dessèchement des palmes. Votre Phoenix a pu être cultivé en “pot enterré”. C’est une technique qui consiste à permettre au palmier d’émettre quelques racines vers la pleine terre par des orifices pratiqués dans le conteneur. Pour la vente, on déterre le conteneur et on coupe toutes ces racines qui dépassent. Le palmier devra alors refaire celles-ci dans son nouvel environnement (pot plus grand ou pleine terre). En attendant que son système racinaire se reconstitue suffisamment, il est alors fréquent que des palmes du pourtour sèchent.

    Mais je pense surtout que compte-tenu des pots que vous avez choisis et qui me paraissent, d’après les photos, être en terre cuite, il faut être très vigilant car la porosité du matériau favorise le dessèchement de la motte. Donc arrosez souvent. De même pour vos Trachycarpus qui détestent particulièrement le dessèchement en été, et qui, eux, préfèrent notre climat océanique. Le Trachycarpus n’est-il pas d’ailleurs un peu le “palmier de Bretagne” ?

  • Mon Washingtonia jaunit et semble souffrir — est-ce un manque d’eau ?

    Le Washingtonia est un palmier très “soiffard”, du moins en été, et il a besoin de beaucoup d’eau pendant la saison chaude, surtout en pot car il ne peut émettre de racines profondes qui iront chercher l’eau là où elle se trouve. Il faut donc l’arroser en ce moment chaque jour. Si vous avez choisi un pot en terre cuite, il faut être encore plus vigilant, car avec la chaleur et le vent, l’eau s’évapore aussi au travers de la terre cuite, et le risque de dessèchement de la motte est encore plus grand. Donc n’hésitez pas à arroser.

    Le dessèchement peut aussi être le résultat du stress qu’a subi votre palmier du fait de son changement d’environnement. Peut-être poussait-il en serre, en milieu humide, ou encore en lumière légèrement atténuée. Il se retrouve sur un balcon, en plein air. Il faut qu’il s’habitue à sa nouvelle condition. Tant qu’il s’agit des palmes de la périphérie, donc des plus anciennes, ce n’est pas grave, la couronne se reconstituant avec les nouvelles palmes. Et puis il est normal aussi, pour le Washingtonia, que les palmes les plus anciennes se dessèchent et viennent constituer ce que les anglais appelle “son jupon”.

    Bonne culture.

Taille et transplantation

  • Faut-il tailler les vieilles palmes de Phoenix ?

    Concernant les Phoenix, et pour tous les palmiers en général, je pense qu’il ne faut jamais être trop pressé de tailler. Dans certains cas, cela accélère l’élévation du stipe (le “tronc”) mais au détriment de son diamètre. Bien sur, il faut supprimer les palmes lorsqu’elles sont desséchées. Sinon, cela n’est nécessaire que dans certaines situations liées à l’environnement. Ainsi, des Phoenix sont fréquemment plantés dans des endroits où, s’ils pourront ne pas gêner adultes, donc hauts, leur encombrement au stade “jeune” est trop important. Dans ce cas, ils sont régulièrement débarrassés de leurs palmes les plus basses, les autres étant liées entre elles (les palmes anciennes du Phoenix peuvent moins facilement être redressées car elles sont plus raides et plus courbées). Dans le cas du Phoenix canariensis, il semble qu’il supporte assez bien un tel traitement. Les espaces verts des villes du midi nous présentent parfois des Phoenix abusivement taillés, souvent pour des raisons d’ecombrement. Mais à mon goût, ce palmier n’acquière toute sa majesté qui en fait pour moi le plus beau de tous, que lorsque sa couronne est entière et retombante.

    Mon petit phoenix a lui aussi très bien passé l’hiver en extérieur et en pleine terre. Mais celui-ci a été peu rigoureux. En bordure de l’Atlantique, on risque toujours un hiver plus rigoureux que les autres, et là, il faut trouver une parade car on perd alors plusieurs années de croissance. Et cela, c’est toujours une interrogation.

  • Quand et comment transplanter un palmier sans l’abîmer ?

    J’ai un peu de mal à identifier l’espèce de palmier dont vous me parlez. Si la feuille est “palmée”, c’est-à-dire en forme d’éventail (et non d’arête de poisson ou “pennée”) et le tronc, au moins vers la partie haute, “poilu” (comme recouvert d’une sorte de chanvre), il s’agit du Trachycarpus fortunei que l’on appelle aussi dans les jardineries “Chamaerops excelsa”. C’est le palmier le plus résistant au gel et à l’humidité. Les jeunes sujets sont toujours plus luxuriants que les vieux spécimens qui paraissent un peu “déplumés”. Si les feuilles sont pennées et que le tronc, dans le haut au moins, ressemble à la peau d’un ananas, c’est peut-être une Phoenix canariensis. Deux palmiers susceptibles de se reproduire sous nos latitudes de façon spontanée.

    Dans tous les cas, c’est actuellement le meilleur moment pour essayer une transplantation. En effet, un palmier dont les racines auront été immanquablement lésées aura besoin d’une terre chaude pour les reconstituer. En terre froide, les blessures qui dureront tout l’hiver seront une source de maladies. Essayez de sauvegarder le maximum de la motte et des racines. Eventuellement, supprimez quelques palmes pour adapter le feuillage aux nouvelles ressources racinaires momentanément réduites.

    Concenant votre terre argileuse, les palmiers n’aiment pas les sols humides en hiver. Il faut donc rendre le vôtre plus drainant autour de la motte. N’hésitez pas à faire le trou le plus grand possible. Mélangez la terre retirée à du terreau et à du sable grossier pour la rendre plus drainante.

    Deux mètres, c’est déjà un beau sujet. Je vous souhaite bonne chance. Le palmier est réputé pour être un des végétaux qui se transplantent le mieux, même grands. Donc tout devrait bien se passer.

Choisir son palmier

  • Quel palmier choisir pour l’intérieur ?

    Le problème d’un palmier d’intérieur est le suivant : la majorité des palmiers exigent, pour se développer harmonieusement, beaucoup de lumière. Et ils n’en disposent que très rarement à l’intérieur. Pour avoir un beau palmier en bac, il est préférable de le placer à l’extérieur tout l’été, et l’hiver à l’intérieur mais à une température un peu plus basse que dans une habitation de façon à arrêter la végétation qui, du fait d’une lumière insuffisante, ne serait pas harmonieuse. Pour ces raisons, il est difficile d’obtenir la croissance d’un véritable stipe (“tronc”) sur un palmier conservé à l’intérieur toute l’année. Il faut donc l’acquérir déjà avec ce “tronc”. Mais beaucoup de palmiers n’ont un “tronc” que parvenus à un stade important de croissance incompatible avec la présence dans un intérieur.

    Je pense que vous auriez intérêt à acquérir un palmier déjà “grand” mais d’assez petite taille, dans une des rares espèces capables de se contenter d’une lumière moindre. Et je crois que le Phoenix roebelinii est celui qui présente ces caractéristiques. On le trouve désormais très couramment en jardinerie, au rayon des plantes d’intérieur, dans des tailles déjà importantes. Et son prix est devenu beaucoup plus abordable que par le passé.

  • Le Phoenix roebelinii est-il adapté à la vie en appartement ?

    D’après vos photos, il s’agit d’un Phoenix roebelinii, très courant actuellement dans les jardineries. Non sans raison, car c’est l’un des palmiers qui supportent le mieux la vie à l’intérieur. Il se contente en effet d’un luminosité un peu moindre que les autres espèces. Et il ressemble à un vrai palmier, avec un stipe (tronc), avant d’atteindre une taille incompatible avec la vie à l’intérieur (ce qui est le cas des autres Phoenix).

    Concernant les “malheurs” que vous me signalez, éliminons les causes une à une. Etes-vous sûr de ne pas avoir trop arrosé au début. A l’intérieur, un palmier en pot se dessèche moins vite qu’à l’extérieur (absence de vent, de mouvement d’air). Le substrat doit être maintenu légèrement humide, mais pas détrempé. Si vous pensez avoir commis cette erreur fréquente au début, laissez “sécher” quelque temps votre palmier. Si tel n’est pas le cas, vous pouvez essayer de brumiser régulièrement votre palmier en le pulvérisant avec un peu d’eau à température ambiante. Vous pourrez ainsi lutter contre un dessèchement sans risquer de tomber dans un excès d’arrosage.

    Il peut être bon aussi, à titre de précaution, de vaporiser votre palmier avec un produit polyvalent en bombe de type “insectes et maladies”. Sauf si vous remarquiez la présence de minuscules araignées (dans ce cas un produit acaricide de type “araignées rouges et blanches” ou un produit polyvalent mais contenant impérativement du Difocol sera nécessaire).

    Enfin il faut aussi savoir qu’un palmier est très sensible à un changement d’environnement, que cela provoque très souvent un stress qui se traduit par des dégâts au niveau de la couronne. Or les palmiers proviennent souvent de serres où ils ont poussé dans des conditions optimisées de température et d’hygrométrie. On leur demande de s’adapter brutalement à un environnement moins favorable. Il faut leur en donner le temps. Tant qu’il ne s’agit que de dégâts sur les palmes les plus anciennes, ce n’est pas trop grave. Par la suite, le palmier se reconstituera. Il faut par contre réagir très vite lorsque c’est le bourgeon terminal qui est touché.

    Concernant l’exposition, ne laisser le palmier derrière une vitre que si celle-ci est orientée nord et ne reçoit donc pas de soleil direct.

    Bonne culture.

  • Quel palmier pour une terrasse en hauteur à Nice ou sur la Côte d’Azur ?

    Je pense que vous faites un bon choix concernant l’espèce de palmier que vous souhaitez acheter pour votre terrasse. Le Chamaerops excelsa, encore appelé ainsi dans les jardineries, mais plus fréquemment nommé Trachycarpus fortunei dans les ouvrages consacrés aux palmiers, est un palmier de croissance assez rapide, très résistant au froid, assez résistant au vent, et qui s’adapte bien en bac.

    Cette variété de palmier est la plus résistante au froid puisqu’on la trouve jusqu’en Grande-Bretagne, et presque jusqu’à la région parisienne. Jusqu’à environ -15°, le Trachycarpus ne subit pas de dégât. Toutefois, en bac, il faut se méfier davantage du gel, car il ne faut jamais que la bac gèle. En effet, si les parties aériennes du palmier résistent à certains froids, le gel entraînerait la destruction des racines et la mort du palmier. En pleine terre, le problème ne se pose pas puisque la terre gèle rarement en profondeur. Il faudra donc dans votre cas envelopper votre bac avec des matériaux isolants en cas de gels sévères et durables. Mais je pense qu’à Nice, même au 7e étage, les grosses gelées sont rares.

    Le Trachycarpus se contente d’un ensoleillement un peu moindre, du moins à l’extérieur tout de même, et sa croissance commence dès les températures du printemps. Il convient donc très bien à l’orientation de votre terrasse. Par contre, il faudra penser, en bac, à l’arroser copieusement en été, un dessèchement de la motte se traduisant pas une altération importante du feuillage.

    Enfin, le Trachycarpus résiste assez bien au vent, mais si celui-ci est trop fort ou trop constant, cela finit par l’abîmer et lui faire perdre son bel aspect. Toutefois je crois qu’à Nice, vous êtes, dans la direction du nord, à l’abri du redoutable mistral.

    Bonne culture.

  • Quel palmier pour une région continentale (91, Centre, etc.) ?

    Dans le 91, vous êtes en dehors des zones de “climat doux” où quelques espèces de palmiers sont acclimatables. Toutefois, si l’endroit où vous souhaitez placer votre palmier bénéficie d’un “micro-climat” du fait par exemple d’un mur protégeant du nord et retenant la chaleur solaire, vous pouvez essayer Trachycarpus fortunei, encore vendu en jardinerie sous le nom de Chamaerops excelsa. Je sais qu’il en existe qui subsistent en région parisienne. Mais essayez avec un assez jeune sujet, que vous planterez impérativement lorsque la terre est chaude (début juillet est l’idéal), car le risque reste grand.

    Vous pouvez opter aussi pour une situation intermédiaire qui consiste à garder un sujet en conteneur, soit en bac style bac d’orangerie, soit en conteneur type poubelle d’immeuble. Dans ce dernier cas, le conteneur peut-être “enterré” pendant la belle saison et donnera l’illusion d’un sujet en pleine terre. Pendant les mois où le risque de gel sévère est grand, vous pourrez rentrer votre palmier à l’abri du gel dans un sous-sol ou un garage.

    Bonne culture.

  • Les palmiers rares type Livistona ou Bismarckia sont-ils cultivables en France ?

    Je pense que vous n’avez pas choisi la facilité avec ces deux palmiers, certes très beaux et très originaux, mais dont la culture n’est pas des plus faciles.

    Ce sont un peu des palmiers dits de “serre chaude”, qui ont besoin d’une température assez élevée toute l’année, et d’une hygrométrie régulière. C’est sans doute ce dernier point qui pose problème sur votre terrasse. Je ne sais pas dans quelle région vous êtes, mais sans doute avez-vous comme partout de ces périodes de vents dessèchants que vos palmiers ne doivent pas aimer du tout.

    C’est sans doute ce qui explique le dessèchement de vos palmes.

    Mais il est aussi possible que vos palmiers “grillent” simplement sous un soleil auquel ils ne sont pas habitués. En effet, lorsqu’ils sont cultivés, les palmiers sont rarement en extérieur, mais plutôt en serre où chaleur et hygrométrie leur permettent un développement rapide et leur donnent une belle allure qui leur permettra d’être commercialisés plus vite et plus facilement. Inconvénient pour l’acheteur : c’est lui qui devra mener leur “acclimatation” qui leur permettra de passer de ces conditions artificielles à un environnement plus “vrai” mais plus difficile aussi. De plus, ces palmiers sont souvent “poussés”, et se développent donc, grâce à la fertilisation, avec un système racinaire peu développé. Lorsqu’on les sort de ces conditions artificielles, leur “couronne” est parfois trop importante par rapport à leurs nouvelles ressources, et une partie se dessèche.

    Je vous conseille donc de placer vos palmiers dans un endroit moins ensoleillé et de les arroser régulièrement pendant toute la période chaude. Concernant l’engrais, ce n’est en général pas conseillé juste après un rempotage. Il vaut mieux attendre que le système racinaire se soit redéveloppé.

Germination et multiplication

  • Comment faire germer des graines de Phoenix ?

    Les Phoenix sont des palmiers dont il est aisé de réussir la germination. Tout devrait donc bien se passer !

    La graine émet une puissante racine qui cherche à s’enfoncer tout droit dans la terre (dans les oasis, les Phoenix doivent aller chercher l’eau jusqu’à la nappe phréatique). Sans doute avez-vous pris des godets petits ou peu profonds. Et sans doute avez-vous mis la graine très près de la surface, ce qui fait qu’elle n’est pas “bloquée” par la terre. Vous pouvez procéder à une transplantation dans des pots plus profonds. Faites par contre attention à ne pas abimer le lien entre la graine et la racine et maintenez au chaud après la transplantation. Vous pouvez aussi rajouter un peu de substrat pour recouvrir un peu la graine. Lorsque vous verrez apparaître hors de terre une pointe blanche, il faudra retirer le godet du germoir, enlever le film plastique, et placer la plantule à la lumière afin qu’elle puisse progressivement devenir verte. La pointe se transformera ensuite en une feuille séminale qui ne ressemble pas à une palme. Si vous maintenez au chaud, il y aura assez vite deux puis trois ou quatre feuilles de ce type (quelques mois !). Ce n’est qu’après que les nouvelles feuilles commenceront à avoir les découpages caractérisques des pennes du Phoenix. Pour mes plants que je fais personnellement hiverner en pièce fraîche (pour ne pas avoir à apporter, en plus de la chaleur, de la lumière “pour plantes” supplémentaire), ce n’est que la deuxième année que j’obtiens des débuts de palmes.

    Bonne culture, et beaux Phoenix.

  • Comment faire germer des Chamaerops humilis sous notre climat ?

    Sous le climat de l’ouest, je n’ai obtenu à température extérieure, en pleine terre, que la germination de Trachycarpus fortunei. Mes Chamaerops humilis ont, eux, facilement germé durant l’hiver dans des godets placés sur les tablettes de mes radiateurs. De même pour les Phoenix. Quant aux Washingtonia, ils ont germés dans ma véranda, durant l’été et fin d’été.

    Concernant les graines de Chamaerops humilis que vous avez récoltées vertes, il semble en fait que ce soit des fruits dont vous parlez. Et s’ils sont verts, il y a risque que la graine ne soit pas parvenue à maturité à l’intérieur. De toute manière, il faut toujours extraire la graine du fruit avant de la semer. Vous pouvez essayer des semis à différents degrés de maturité. Certains palmiers germent mieux avec des graines un peu immatures. Mais je ne pense pas que cela soit le cas de l’humilis.

  • Conseils généraux pour la germination des palmiers

    Concernant votre problème de germination, vous ne précisez pas de quelles espèces de palmiers il s’agit. En effet, si certains palmiers germent aisément en quelques semaines, d’autres sont très longs (jusqu’à plusieurs années !) De même si les rendements sont bons pour certaines espèces, ils sont faibles pour d’autres. Dans tous les cas, la fraîcheur des graines est importante. La durée pendant laquelle le pouvoir germinatif se conserve varie en fonction des espèces, et surtout du type de climat de la contrée dont elles proviennent (en général, plus court pour les espèces provenant de régions où il n’y a pas de saisons). Dans tous les cas, il faut soigneusement enlever la pulpe qui peut contenir des substances inhibant la germination. Température et hygrométrie sont importantes aussi. Mais je pense qu’à Madagascar, vous ne devez pas avoir à chauffer les graines. J’ai ajouté récemment sur mon site un lien vers un article sur la germination des palmiers. Vous trouverez sans doute sur ce site des renseignements complémentaires. Je vous souhaite pleine réussite dans votre entreprise de culture de palmiers.

Problèmes et maladies

  • Mes palmes deviennent molles — cause et traitement ?

    La description que vous faites du symptôme m’embarrasse, et je ne trouve rien de correspondant dans la “littérature spécialisée”. Par précaution, vous pouvez faire un traitement de type “traitement total”, insectes et maladies, en utilisant une bombe aérosol par exemple. Votre palmier sort aussi de l’hiver. Un Phoenix à l’intérieur souffre beaucoup pendant l’hiver. Dans l’idéal, il faudrait accompagner la baisse de quantité de lumière d’une baisse de la température et d’une baisse de l’arrosage, ce qui conduirait à une période de repos végétatif. Malheureusement, lorsqu’on est en appartement, il n’y a bien souvent pas de pièce froide. Et puis, on rechigne à se priver de sa plante pendant plusieurs mois. Il faudrait alors un éclairage complémentaire “spécial plantes”. Conséquence, le palmier continue à croître, mais de façon anormale. Chez le Phoenix, cela se traduit par un allongement des pennes, qui deviennent longues, mais maigrelettes. Peut-être le vôtre est-il ainsi, au bout de trois ans, dans ce cas, et cela de manière extrême. De toutes façons, surveillez surtout les excès d’arrosage dont les conséquences sont souvent irréversibles, et essayez, avec le retour de la belle saison, d’offrir plus de lumière à votre Phoenix.

  • Mon Phoenix roebelinii acheté en jardinerie dépérit — que faire ?

    Première indication : votre palmier vient de subir un gros stress, comme tout palmier que l’on change d’environnement. Il a quitté sa serre, a séjourné chez le marchand, et se retrouve chez vous. Peut-être a-t-il été mis en conteneur, après avoir eu sa motte de racines réduite. Il faut donc attendre qu’il se soit adapté à son nouvel environnement.

    Le Roebelinii peut se contenter d’une luminosité plus modeste que les autres phoenix. Donc pas de plein soleil derrière une fenêtre. Attention à l’excès d’arrosage, car un pourrissement des racines provoque ce genre de dégâts, surtout en hiver. Tant qu’il s’agit des palmes les plus anciennes, ce n’est pas trop grave. Si cela touche les palmes du bourgeon, le palmier risque d’être perdu. Si la perte des palmes ne se stabilise pas, il faut envisager aussi une contamination ou la présence de nuisibles, et un traitement de type “traitement total” peut réduire ce risque.

    Concernant l’engrais, cela est moins indispensable en hiver car la croissance va se réduire, surtout si vous placez le palmier dans une pièce assez fraîche.

    Quant à brumiser le feuillage, c’est utile si votre intérieur est sec, en fonction de votre mode de chauffage. Si les racines de votre palmier ont été réduites, cela pourra aussi réduire le dessèchement qui s’en suit.

    Bonne culture.

Où trouver et acheter des palmiers

  • Où acheter des palmiers de qualité en France ?

    Vous pourrez trouver aisément en jardinerie le Phoenix canariensis (qui est la même chose que le “dattier des Canaries”). C’est le plus courant des palmiers car sa culture est aisée et il est très décoratif, même en plante d’intérieur. On le trouve même proposé régulièrement dans les hypermarchés généralistes. C’est sans doute là, promotions aidant, que vous trouverez le meilleur prix. On peut trouver aussi en jardinerie le Washingtonia robusta, souvent en pot contenant plusieurs pieds. Il est de croissance très rapide et son prix est assez peu élevé. Par contre, Butia capitata (croissance plus lente) et Washingtonia filifera sont plus rares, du moins dans les régions où la plantation de palmiers de collection demeure faible. Pensez aussi à Trachycarpus fortunei (vendu souvent en jardinerie sous son ancienne appellation de Chamaerops excelsa). Il croît rapidement, et c’est celui qui résiste le mieux au gel (que le Gers, il me semble, doit connaître en hiver). Pour acheter des palmiers, je me suis adressé personnellement, et avec grande satisfaction, à Mme Violette Decugis, (Etablissements Décugis 1211, chemin des Nartettes, Le palyvestre – 83400 Hyères les Palmiers Tel. & fax 04.94.57.67.78). Elle édite une liste de prix, et expédie dans toute région. Elle peut aussi fournir plants ou graines.